Karl Koop Konzert

Comédie pompière, sociale et réaliste

pour accordéon et orchestre

 

Notice

L’accordéon occupe une place particulière dans mon travail.

Plusieurs pièces incluent un accordéon dans leurs effectifs instrumentaux (opéras, trios, concerto pour violon …), parfois trois comme dans messe un jour ordinaire.

Il est aussi dans ma mémoire. Très tôt je l’ai entendu en Allemagne, chez mon grand-père.

 

Il s’appelait Karl Koop. 

 

Prisonnier de guerre en 1918 par les troupes anglaises, il eut la chance de recevoir de la Croix-Rouge un accordéon. Il apprit à en jouer seul, comme il apprit en autodidacte à déminer les plaines du Nord.

Plus tard, dans les années trente, toujours au chômage, il fera vivre sa famille en animant des bals.

 

L’accordéon tel que nous le connaissons en France, nous vient des traditions musicales populaires d’Auvergne et d’Italie (rien à voir avec le somptueux accordéon de concert et sa littérature richement développée dans les pays Scandinaves ou dans l’ex-Urss) ; ici il fut longtemps « ringardisé », associé à l’anisette et aux tours de France  et seulement, depuis quelques années, il fait partie intégrante des disciplines enseignées au Conservatoire national supérieur de Paris.

 

Bien entendu, il s’agit de l’accordéon de concert.

Mais dans ma mémoire, l’accordéon est surtout celui de mon grand-père, cet instrument suranné, l’accordéon rance comme disait Brel, le soufflet à punaises de Jo Privat, les superbes et inélégants accords du trois voix musette. Nous sommes alors loin des fameux accordéons de concert, des « Steinway à boutons », des Ballone Burini, Pigini, Jupiter, …

Aussi, lorsque Pascal Contet (accordéoniste et grand collectionneur d’accordéons) m’a demandé de lui écrire un concerto, j’ai souhaité opposer à l’orchestre un vieil et désuet instrument des années trente, un trois voix musette bien désaccordé. Sans trop me contredire, la pièce empruntera également l’accordéon traditionnel de concert.

 

Le clavier gauche de l’accordéon musette est très différent du « noble » accordéon : deux rangées de basses disposées en quinte (c’est-à-dire que conjointement, il est plus facile de jouer do, sol, ré, la, mi, si … que do, ré, mi, fa, sol) et trois rangées de boutons, dont chacun d’entre eux produit un accord,majeur, mineur ou septième. Le système des accords est aussi disposé en quintes.

J’ai alors imaginé avant de commencer mon travail, que tous les instruments de l’orchestre bénéficiaient de la même ergonomie et donc, qu’il était plus facile pour les musiciens de jouer des traits de quintes successives plutôt que d’arpèges ou de gammes. 

Cette cruelle transposition n’est évidemment pas simple à gérer ! mais donne des résultats curieux, qui m’ont d’emblée séduit, en espérant ne pas  en être le seul.

La partition présente différents mouvements qui s’enchaînent sans aucune interruption. Chacun d’eux s’appuie sur une des caractéristiques propres à l’instrument soliste (stéréophonie des deux claviers, souffle, modes de jeux spéciaux «bellow shake » …) et suscite des rencontres et des analogies avec l’orchestre. Chaque mouvement porte un sous-titre : musette, sans flon flon, galop pompier, la fin du bal. 

L’instrumentation fait aussi apparaître des instruments bien inhabituels à l’orchestre comme les trompes de chasse en ré ou la cornemuse.

Karl Koop Konzert

€20.00Prix
  • Nomenclature : 2 flûtes (2ème aussi flûte en sol et petite flûte)

    2 hautbois (2ème aussi Cor anglais), Cornemuse 2 clarinettes (2ème aussi clarinette basse et petite clarinette) 2 bassons (2ème aussi contrebasson)

    2 trompes de chasse en ré (aussi cor en fa)

    2 trompettes en ut et sib (aussi petite trompette en sib pour la 2ème) trombone trombone basse tuba 4 percussions clavecin (amplifié) Cordes : 8 6 6 4 3

     

    Autre version (other version) pour 12 musiciens

    1 Flûte (aussi en Flûte en sol et Petite Flûte)

    1 Saxophone (Soprano en si-, Alto en mi-, Ténor en si-)

    1 Cornemuse

    1 Clarinette en si- (aussi Clarinette Basse en si-)

    1 Trompe de Chasse* en ré (aussi Cor en fa)

    1 Trompette en ut et si- (aussi Petite Trompette en si-)

    1 Trombone

     

    Percussions

    Clavecin (amplifié)

    Cordes : 1 0 1 1 1

     

    Durée : 17'

    Nombre de pages : 84

    Réf. : EdA-2008-02

    Date de parution : 03/04/2008

    ISBN / ISMN : en cours

    Création : 22 mai 2008 - Lille - Nouveau Siècle

    Pascal Contet (accordéon)

    Orchestre national de Lille

    Direction : Grant Llewellyn

     

    Téléchargement libre et gratuit - free download

    Téléchargement, version-12 musiciens

    CD AEON Karl KOOP konzert

     

    sound

    Audio/Youtube

     

     

    Karl Koop Konzert

    Comédie pompière, sociale et réaliste

     for accordion & orchestra

    Commissioned by the Orchestre National de Lille, France

    The accordion holds a special place both in my heart and in my work.

    A number of my compositions have an accordion in the instrumentation (e.g. operas, trios and a violin concerto);

    sometimes there are as many as three, as in my mass – messe un jour ordinaire .

    The accordion is also part of my past, there in my memory. I was very young when I first heard one, at my grandfather’s home in Germany.

    My grandfather was Karl Koop.

    He had been taken prisoner of war in 1918 and was being held by British troops. He had the good fortune to be given

    an accordion by the Red Cross and taught himself to play, just as he had taught himself to clear mines from fields in the north of France.

    Later, in the 1930s, when he was out of a job, he earned enough to feed his family by playing at dances.

    The accordion, as we know it in France today, comes from popular music traditions in the Auvergne region of France and in Italy, not from the magnificent classical, concert accordion with the wealth of compositions from Scandinavian and former Soviet bloc countries. For many years, it was dismissed as unfashionable, the image being of country bumpkins drinking pastis and cheering as the Tour de France  goes by. Only over recent years has it been officially included in courses taught at the Paris Conservatoire national supérieur . That, of course, is the concert accordion.

    What I remember is my grandfather’s old-fashioned squeezebox, the sort of instrument Jacques Brel called a “rancid accordion” [accordéon rance ], or which Jo Privat described as a bellows with thumbtacks [soufflet à punaises ]. remember the superb, awkward chords of the three-voice musette [trois voix musette ], a far remove from the famous concert accordions – “Steinways with buttons ” – by names such as Ballone Burini, Pigini and Jupiter.

    When Pascal Contet, both accordionist and a great accordion collector, asked me to write a concerto for him, I wanted to have the orchestra and the contrast of an archaic instrument from the 1930s, a nicely out of tune trois voix musette . I also wanted the work to include a classical accordion.

    The left keyboard of the musette  accordion is quite different from the “noble” accordion: it has two bass rows arranged in fifths (making it easier to play do, so, re, la, mi, ti  together, than to play do, re, mi, fa, so ); and there are three rows of buttons, each playing a chord – major, minor or seventh. The chord system is also in fifths.

    Before I started composing the piece, I pretended that all the instruments in the orchestra had the same ergonomics, that it would be easier for the musicians to play runs of consecutive fifths, rather than arpeggios or scales.

    This cruel transposition was obviously a challenge! But the curious results produced immediately enchanted me, and I trust I’m not the only one to be enchanted.

    The score has a number of movements which are played continuously, without a break; and each one is built around one feature inherent in the solo instrument (e.g. stereo sound from two keyboards, the bellows, or special playing effects such as “bellow shake ”) , creating encounters and analogies with the orchestra. Each movement has a title: musette,sans flon flon, galop pompier, la fin du bal.

    The instrumentation features instruments rarely heard with orchestras, for example hunting horns (D) and bagpipes.

    The concerto is dedicated to Pascal Contet, and to the memory of his mother and of my grandfather. (BC)

    Traduction : Shan Benson